Retour d’expérience

Le Médecin.fr : mon avis sur une téléconsultation expédiée.

Un service qui peut dépanner quand aucun médecin n’est disponible rapidement, mais une consultation précise m’a laissé une impression très différente de ce qu’on attend d’un vrai échange médical.

Un service qui peut être pratique au départ

Je ne vais pas faire semblant : le principe de la téléconsultation peut être très pratique. Quand aucun rendez-vous classique n’est disponible, pouvoir obtenir un médecin depuis chez soi en une vingtaine de minutes peut dépanner. Il m’est déjà arrivé de tomber sur des médecins corrects, sympathiques, qui ont pris le temps de renouveler un traitement pour plusieurs mois, avec une consultation facturée 33 euros.

C’est justement pour cette raison que je ne présente pas ce retour comme une condamnation générale de tous les médecins disponibles sur la plateforme. Mon avis porte sur une expérience précise, vécue ce matin-là avec un médecin remplaçant, dans des conditions qui m’ont paru très mauvaises. Le fait qu’il s’agisse d’un remplaçant n’est pas un problème en soi : ce qui compte, c’est la manière dont la consultation est menée.

Une consultation facturée 39 euros

Ce jour-là, le médecin disponible était un remplaçant indiqué comme secteur 2. La consultation m’a donc coûté 39 euros au lieu des 33 euros que j’avais déjà payés dans d’autres situations. Le montant n’est pas le seul sujet. Payer un peu plus peut s’entendre si la consultation est sérieuse, posée, claire et correctement menée.

Le problème, c’est que l’échange m’a donné l’impression inverse : une consultation prise dans un moment de déplacement, avec des coupures répétées et une qualité d’échange très loin de ce que j’attendais d’un acte médical, même à distance.

Un médecin visiblement en déplacement

D’après ce que j’ai vécu pendant l’appel, le médecin semblait prendre la consultation entre la sortie de son cabinet et la montée dans sa voiture. Ma compagne était présente et a été très surprise par la situation. De notre côté, nous étions à la maison, avec une connexion fibre stable. Pourtant, la consultation coupait sans arrêt.

Ce qui m’a dérangé, ce n’est pas seulement la coupure technique. Un problème de connexion peut arriver. Ce qui m’a marqué, c’est l’impression que la responsabilité des coupures revenait presque automatiquement de notre côté, alors que le médecin, lui, semblait être en déplacement. Dans ces conditions, il devient difficile d’avoir un échange médical calme, posé et fiable.

Une impression de consultation “à la carte”

Le début de l’échange m’a aussi laissé une impression très étrange. J’ai eu le sentiment qu’on me demandait surtout ce que je voulais, comme si la consultation consistait à choisir rapidement une ordonnance plutôt qu’à reprendre vraiment le contexte médical. Ce n’est pas ce que j’attends d’un médecin, même dans le cadre d’une téléconsultation courte.

Je ne reproche pas à un médecin de vouloir aller à l’essentiel. Mais aller à l’essentiel ne veut pas dire expédier. Il y a une différence entre une consultation efficace et une consultation où le patient a l’impression que tout se fait entre deux portes, avec une ordonnance produite pendant un trajet.

Un traitement proposé sans vraie reprise de l’historique

Un autre point m’a posé problème : la manière dont le traitement a été proposé. Le médecin m’a cité plusieurs noms de médicaments pour le nez ou les allergies. J’ai expliqué que j’en avais déjà essayé plusieurs, dont Bilaska, et que cela ne me faisait plus vraiment d’effet. J’ai aussi expliqué que j’en avais encore dans mon placard, justement parce que cette molécule ne m’apportait pas le résultat attendu.

Malgré cela, il m’a proposé Inorial en me disant que cela fonctionnait bien. Le souci, c’est qu’en vérifiant ensuite, j’ai constaté que Bilaska et Inorial correspondent tous les deux à la même substance active : la bilastine. Autrement dit, après avoir indiqué que Bilaska ne m’aidait pas, je me retrouvais avec une proposition qui revenait, dans les faits, à reprendre la même molécule sous un autre nom commercial.

C’est exactement ce que je reproche à cette consultation : l’impression qu’on applique une réponse standard au lieu de faire du cas par cas. Quand un patient dit clairement qu’il a déjà essayé un traitement et qu’il ne fonctionne pas ou plus sur lui, le minimum serait de tenir compte de cette information avant de proposer une ordonnance.

Ce que je peux dire prudemment

Je ne suis pas là pour qualifier juridiquement la situation ni pour affirmer à la place d’une autorité compétente qu’il y aurait une faute déontologique. Ce n’est pas mon rôle. En revanche, comme patient, je peux dire ce que j’ai ressenti : les conditions de cette téléconsultation ne m’ont pas semblé compatibles avec un échange médical sérieux et rassurant.

Une consultation à distance demande déjà un minimum de confiance. Si l’image ou le son coupent, si le médecin semble occupé à se déplacer, si l’échange donne l’impression d’être mené au pas de course, cette confiance tombe vite. Et quand il s’agit d’une ordonnance, ce manque de cadre devient encore plus problématique pour le patient.

Mon avis final

Mon avis sur Le Médecin.fr est donc nuancé. Oui, le service peut dépanner. Oui, j’ai déjà eu des consultations correctes. Oui, le principe d’un médecin, titulaire ou remplaçant, disponible rapidement depuis chez soi peut être utile, surtout quand le système classique ne propose rien dans des délais raisonnables.

Mais cette expérience précise m’a laissé une mauvaise impression : 39 euros pour une consultation instable, prise dans des conditions qui m’ont paru trop légères, avec un échange expédié, une ordonnance faite sans le cadre calme que j’attends d’un acte médical et une proposition de traitement qui n’a pas semblé tenir compte de ce que j’avais déjà essayé. Pour moi, une téléconsultation ne devrait pas devenir une formalité réalisée entre la sortie d’un cabinet et une voiture.

Je garde donc cette plateforme comme une solution de dépannage éventuelle, mais avec beaucoup plus de méfiance. Quand on parle de santé, la rapidité ne suffit pas. Il faut aussi de l’attention, un cadre et un minimum de sérieux dans la manière de consulter.