Retour d’expérience web

OVH : quand un petit site léger se retrouve face à une hausse de 51,6 %.

Je ne demande pas un hébergement gratuit. Je demande un tarif cohérent avec un site sobre, sans CDN et sans Web Cloud Databases actives. Le tarif public 2027 correspond à 143,86 € TTC après calcul de la TVA, tandis que mon espace client affiche 143,85 € TTC pour le renouvellement annuel.

Une hausse qui ne tient pas dans une simple ligne de prix

Mon hébergement JMCBoost a été renouvelé à 91,51 € TTC en août 2024, puis à 94,90 € TTC en août 2025. Il s’agit d’un abonnement Pro annuel utilisé pour faire vivre mes sites, leurs pages, leurs images et leurs adresses e-mail. Pas une agence, pas un portefeuille de clients, pas une plateforme de réservation, pas une boutique qui traite des milliers de commandes.

OVHcloud a publié une grille où l’ancienne formule Pro à 79,08 € HT par an correspond à une formule Pro 2027 à 119,88 € HT par an. Avec 20 % de TVA, le calcul donne 143,856 €, soit 143,86 € TTC après arrondi. Mon espace client affiche pourtant 143,85 € TTC pour le renouvellement d’un an. Je conserve donc les deux valeurs : 143,86 € pour le tarif public calculé, et 143,85 € pour le montant réellement proposé dans mon espace client. Face à ma facture 2025 et en prenant ce montant de renouvellement, l’écart est de 48,95 € sur un an : + 51,6 %.

Ce n’est pas une petite correction tarifaire. C’est une hausse qui oblige à regarder autrement ce que représente un abonnement pourtant banal : héberger un site indépendant, garder ses fichiers en ligne, publier des textes, conserver une présence sur le web sans transformer le projet en machine lourde.

Comparaison entre 94,90 euros TTC facturés en 2025 et 143,86 euros TTC au tarif public 2027 calculé, pour un site sans CDN ni Web Cloud Databases actives

Ce que j’utilise réellement

Au moment de ma vérification, le tableau de bord OVH indiquait 31,86 Go utilisés sur 250 Go. L’option CDN était désactivée. Le compteur Web Cloud Databases affichait zéro. Cela ne veut pas dire qu’un site ne coûte rien à faire tourner, ni qu’un hébergement n’a aucune valeur. Cela veut dire que je n’exploite pas les briques les plus lourdes mises en avant dans les nouvelles offres.

JMCBoost fonctionne avec des pages HTML et PHP, des contenus éditoriaux, des images, des liens et des fonctions simples. Mon choix est assumé : peu de dépendances, pas de gros moteur, pas de base de données managée active, pas de service IA qui tourne en arrière-plan. Je cherche un web durable, lisible et maîtrisable.

Le problème n’est donc pas qu’OVHcloud propose plus de puissance à ceux qui en ont besoin. Le problème est que la nouvelle grille fait monter le petit site dans le même mouvement, même lorsqu’il n’a pas demandé davantage de ressources ni davantage de services.

Une offre pensée pour des projets plus lourds

OVHcloud présente sa nouvelle gamme comme une réponse à des projets plus variés : plusieurs sites, bases de données plus nombreuses, CMS, environnements de test, sites clients, besoins de performance et accompagnement de la croissance. Les nouvelles formules Pro et Performance mettent aussi en avant davantage de CPU et de RAM pour absorber des pics de trafic.

Je ne critique pas l’existence de ces offres. Je critique le fait qu’un petit éditeur soit placé devant un faux choix : accepter une hausse très importante au renouvellement annuel, ou immobiliser plusieurs années de budget à l’avance pour retrouver un prix mensuel plus proche de l’ancien.

L’IA est un contexte, pas un raccourci facile

Je ne vais pas écrire que chaque euro de mon abonnement finance directement des data centers d’intelligence artificielle. Les documents publics d’OVHcloud sur les hébergements web ne le disent pas, et je n’ai pas besoin de forcer le trait pour exprimer le problème.

En revanche, OVHcloud explique lui-même que le marché mondial de la mémoire et du stockage est sous tension parce qu’une part des capacités de production a été réorientée vers les GPU, notamment pour l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. Ce contexte industriel ne prouve pas un lien comptable direct avec ma facture. Il montre cependant dans quel sens part le numérique : toujours plus de ressources, de puissance et d’infrastructures lourdes.

Mon constat est donc plus simple. Un petit site comme le mien ne paie peut-être pas pour l’IA au sens strict. Mais il subit la même montée en gamme que le reste du web, alors qu’il n’utilise ni GPU, ni service IA, ni CDN, ni Web Cloud Databases actives.

Le parcours de renouvellement affiche la pression en clair

Le tableau affiché dans mon parcours client OVHcloud rend la mécanique encore plus visible. Pour renouveler mon hébergement Pro, le choix d’un an ressort à 143,85 € TTC. Le choix de deux ans monte à 230,11 € TTC, et le choix de quatre ans à 373,82 € TTC.

Autrement dit, le tarif annuel devient brutal, puis il redevient presque proche de l’ancien niveau seulement si le client accepte de sortir plusieurs centaines d’euros d’un coup. Pour un petit site personnel, ce n’est pas une remise confortable. C’est une pression de trésorerie.

Capture du renouvellement OVH affichant 143,85 euros TTC pour un an, 230,11 euros TTC pour deux ans et 373,82 euros TTC pour quatre ans
Capture du renouvellement OVH : 143,85 € TTC pour un an. Pour retrouver un tarif annuel proche de l’ancien, il faut sortir 373,82 € TTC d’un coup.

Après des années de parcours client pénibles, d’attentes et de réponses techniques parfois insuffisantes, voir une hausse aussi nette tomber sur un site léger est difficile à accepter. La capture n’est pas une interprétation : elle montre les montants proposés au moment de renouveler.

Le prépaiement n’est pas une réponse légère

OVHcloud met en avant un tarif dégressif sur 24 ou 48 mois. Pour l’offre Pro 2027, cela ramène le tarif à 7,99 € HT par mois sur deux ans, puis à 6,49 € HT par mois sur quatre ans. Mais ce choix demande de payer environ 230,11 € TTC pour deux ans ou 373,82 € TTC pour quatre ans, d’un coup.

Pour une grande structure, bloquer plusieurs années de budget peut être une décision comptable. Pour un petit site indépendant, ce n’est pas neutre. Le choix devient : payer plus chaque année, ou avancer une somme importante pour éviter de payer plus. Dans les deux cas, on ne choisit pas vraiment l’offre adaptée à ses besoins réels.

Les petits sites ont encore une place à défendre

Il devrait rester une place durable pour les sites personnels, les blogs, les portfolios, les espaces associatifs, les pages écrites à la main et les projets de mémoire. Des sites qui ne vendent pas leurs visiteurs, ne courent pas après les performances artificielles et ne veulent pas être équipés comme des plateformes de grande taille.

Je ne demande pas qu’OVHcloud renonce à faire évoluer ses produits. Je demande qu’un hébergeur sache aussi respecter les usages sobres. Les gros projets ont le droit d’exister. Les petits aussi. Et ils ne devraient pas être traités comme une clientèle trop modeste pour mériter un tarif réellement proportionné à leur consommation.

Sources et éléments vérifiables